01.22.2026

5 actions pour entretenir vos prairies de longue durée

La sortie d’hiver est une étape importante pour les prairies temporaires de longue durée. Après plusieurs mois de repos, le couvert va redémarrer et le choix des interventions pourra conditionner la pérennité de la prairie et surtout sa productivité pour la campagne qui démarre. 
Dans un contexte de prix élevé des aliments et de recherche d’autonomie fourragère et protéique, les prairies jouent un rôle crucial pour l’alimentation des troupeaux. Pour garantir un fourrage de qualité, en fauche ou pâturage, il est donc nécessaire de raisonner les interventions en s’appuyant sur l’observation et les leviers agronomiques disponibles. 
Nous vous proposons de revenir sur 5 actions et étapes pour entretenir vos prairies de longue durée en sortie d’hiver : diagnostiquer, désherber, fertiliser, pâturer et regarnir.

1. Diagnostiquer : le tour de pré, une étape d’observation préalable

 La première étape est bien sûr l’observation des prairies, le tour de pré ! L’objectif est d’évaluer la qualité des couverts pour chacune des parcelles : 
-    Quelle est la densité de la couverture ; 
-    L’équilibre de la composition initiale est-il maintenu, évaluer la proportion de graminées et de légumineuses ; 
-    Quelles sont les espèces indésirables présentes, identifier les principales adventices et évaluer leur pourcentage ; 
-    Y a-t-il des zones dégarnies ou des dégâts liés au piétinement, à l’excès d’eau ou au gel de l’hiver.
Ce diagnostic permet donc d’évaluer la qualité de la prairie et d’identifier les éventuelles interventions à prévoir pour la reprise printanière : désherbage, fertilisation, repositionnement en fauche ou en pâturage, regarnissage par sursemis ou en cas de forte dégradation, une rénovation complète avec ou sans labour.  


Prairie : quelle est la pérennité des espèces fourragères
 

2. Désherber : maîtriser les espèces indésirables et maintenir la qualité du fourrage

Avec le temps, une prairie de longue durée subit des dégradations, des trous apparaissent et des espèces indésirables en profitent pour s’installer ! La sortie d’hiver est le bon moment pour évaluer le niveau de salissement et identifier les adventices les plus préoccupantes : dans plus de 50 % des cas, il s’agit de chardons, rumex et renoncules. Selon la flore, différentes actions préventives ou curatives sont possibles :
-    Alterner un pâturage précoce (déprimage) suivi d’une fauche avant le stade floraison ;
-    Pendant la campagne, gérer régulièrement les refus par fauche ou broyage ;
-    Éviter les forts piétinements en période humide (printemps et automne) ;
-    Effectuer un passage de herse étrille pour niveler le sol et arracher certaines espèces indésirables.
En dernier recours, une intervention chimique pourra être effectuée. Sur prairie de graminées, des solutions efficaces sont disponibles en sortie d’hiver. Par contre, sur les mélanges graminées et légumineuses, il faudra compter sur les leviers agronomiques et mécanique faute de solution chimique efficace ou homologuée.


3. Fertiliser : accompagner le redémarrage sans déséquilibrer la composition prairiale

La fertilisation de sortie d’hiver doit être raisonnée selon la composition de la prairie (pourcentage de légumineuses) et selon son exploitation, fauche ou pâturage. 
L’objectif est de compenser les exportations de la campagne précédente et de favoriser la reprise de végétation sans déséquilibrer la composition de la prairie. Quelques conseils :
-    Sur les parcelles de fauche qui seront déprimées, privilégier l’apport d’azote après la sortie des animaux ;
-    Au-delà de 60 U/ha d’azote (40 unités/ha dans le cas des pâtures), fractionner les apports pour limiter les pertes par lessivage : 2/3 de la dose en 1ère coupe et 1/3 de la dose à la 2e coupe ;
-    Sur prairie en mélange avec légumineuses : éviter les apports d’azote l’année d’installation, ensuite, privilégiez un apport après le premier cycle d’exploitation.
-    En sol acide (pH inférieur ou égal à 6), la disponibilité des éléments fertilisants est réduite ainsi que la vie microbienne du sol, penser au chaulage d’entretien avant la fertilisation ;
-    Des apports en phosphore et potasse seront à prévoir sur prairie de fauche notamment ;
-    Pour la fertilisation organique en fin d’hiver, privilégiez du lisier et du fumier vieilli ou composté. Épandre après un premier pâturage puis attendre 3 ou 4 semaines pour le retour des animaux ;
-    Dans tous les cas, intervention sur sol ressuyé, en conditions portantes.


4. Pâturer : le déprimage pour bien débuter la saison 

Dès que les conditions de portance le permettent, une mise à l’herbe précoce (déprimage) présente plusieurs avantages, notamment pour les parcelles de fauche.  
-    Nettoyage du couvert et consommation des pousses hivernales ;
-    Limite les refus des futurs pâturages ;
-    Réduit l’utilisation des stocks de fourrage ;
-    Favorise le tallage des graminées ;
-    Favorise l’apport de lumière pour les légumineuses (trèfles) ;
-    Stimule la repousse suivante.
Pour réussir le déprimage sans endommager le couvert, l’entrée des animaux se fera dès que la portance le permettra et de préférence avant le redémarrage de la prairie, hauteur idéale entre 8 et 10 cm. Le passage des animaux doit être rapide, pas plus de 10 jours sur une même parcelle, sortie idéale à 4 ou 5 cm.


5. Regarnir : améliorer la qualité et la pérennité de votre prairie 

Avec le temps et les différentes exploitations, le couvert des prairies se dégrade : perte de densité, apparition de trous, évolution de la composition et multiplication des espèces indésirables. 
Si cette dégradation atteint entre 30 et 50 % de la surface et que les espèces indésirables sont supérieures à 15 %, un sursemis peut être envisagé.
Regarnir une prairie va permettre de redensifier le couvert, d’améliorer la qualité et surtout de prolonger l’exploitation de la parcelle pour un coût réduit et sans travail du sol important. Quelques clés de réussite :
-    Avec un salissement >15 ou 20 %, effectuer un désherbage préalable notamment contre les agrostis et les dicotylédones : traitement à l’automne pour un sursemis au printemps suivant ou traitement au printemps pour un sursemis de fin d’été ;
-    Effectuer le sursemis sur une prairie très rase (4 à 5 cm), effectuer une coupe préalable ou un pâturage plus une fauche des refus ;
-    Effectuer le sursemis lorsque que les conditions de température et d’humidité sont favorables à la germination, à partir de fin février, début mars ; 
-    Choisir des espèces en mélange prêt à l’emploi comme la composition M-Robust, un mélange de graminées et légumineuses ;
-    Rouler le sursemis afin de favoriser le contact entre les graines et le sol ;
-    Aucun apport d’engrais azoté afin de ne pas favoriser le couvert en place.
Si la prairie est très dégradée, + de 50 % des espèces fourragères ont disparu, il faut envisager une rénovation complète de la prairie avec une destruction chimique ou mécanique du couvert.


D’autres actions d’entretien des prairies de longue durée à effectuer en sortie d’hiver

L’étaupinage : réserver cette action sur les prairies de fauche en fin d’hiver. L’étaupinage évite la récolte de terre dans le fourrage et diminue l’usure prématurée du matériel de récolte (couteaux des faucheuses ou des ensileuses). En cas de nombreuses taupinières, un sursemis sera nécessaire.
 
Le hersage : lors de la reprise de végétation, un passage d’une herse étrille, voire un double passage, permet d’effectuer un désherbage mécanique en arrachant certaines plantes indésirables : graminées médiocres (pâturins, agrostis…), mourrons, mousses, etc. Ce passage permet aussi de niveler le sol, de favoriser le tallage des graminées et l’émiettement des apports organiques. Le grattage améliore aussi l’activité microbienne et favorise la minéralisation.

Le roulage : il peut être réalisé sur une prairie de fauche pour optimiser la structure du sol et le niveler (éviter l’usure prématurée du matériel de récolte). Il favorise le tallage des graminées et lutte contre certaines adventices (berces, lamier blanc). 
Attention, ne pas rouler un sol humide et froid et éviter un roulage trop tardif qui entraînera des blessures aux plantes et diminuera le rendement de la prairie. Utiliser un rouleau lisse, poids adapté à la nature et à la résistance du terrain.

 

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Voir aussi :  implanter ses prairies sous couverts, les bénéfices