22.06.2026

5 leviers agronomiques pour lutter contre les nématodes

Les nématodes sont des bioagresseurs du sol invisibles à l’œil nu, capables d’impacter durablement les rendements. Longtemps associés à certaines cultures comme la betterave ou la pomme de terre, ils concernent aujourd’hui un nombre croissant de systèmes de production, du maraîchage aux grandes cultures, notamment avec le développement des nématodes à lésions racinaires.
Face à ces organismes complexes et persistants, il n’existe pas de solution miracle. Leur maîtrise repose sur une approche globale, adaptée au système de culture, combinant plusieurs leviers agronomiques pour agir à la fois sur les populations et sur l’équilibre biologique du sol.
Voici une présentation de 5 leviers complémentaires pour mieux gérer les nématodes.

1. Choisir des variétés anti-nématodes pour l’interculture

Les couverts végétaux sont l’un des leviers clés pour réduire la population de nématodes dans une parcelle. Le radis fourrager et la moutarde blanche sont deux espèces très utilisées pour leurs actions anti-nématodes. Attention néanmoins au choix des variétés qui n’ont pas toutes la même efficacité, voire qui ont l’effet inverse en multipliant les nématodes, c’est le cas de certaines moutardes blanches. 
Parmi les variétés adaptées, nous distinguons 2 types d’actions :

  • Les variétés anti-nématodes qui empêchent la multiplication et réduisent lentement la population. Par exemple, le radis fourrager Terranova pour les nématodes à kyste et à galles.
  • Les variétés nématicides qui empêchent la multiplication et entraînent une réduction active de la population dans le sol. Par exemple, le radis fourrager Ayacara qui est classé BCA1, le plus haut niveau d’efficacité.

À l’inverse, un couvert inadapté peut favoriser la multiplication ; c’est le cas de certaines légumineuses comme le pois ou la luzerne qui sont hôtes des nématodes à lésions, Pratylenchus. Le choix des espèces et des variétés doit donc être raisonné selon le type de nématode présent.
Attention également aux adventices comme le chénopode blanc, l’amarante ou la morelle qui favorisent la multiplication des nématodes.

moutarde blanche anti-nématodes

Parcelle couverte d'une moutarde blanche anti-nématodes lors de l'interculture.

2. Allonger et diversifier les rotations culturales

La gestion de la rotation est le levier central pour lutter efficacement contre les nématodes. Ainsi, pour casser le cycle de reproduction des nématodes, il est conseillé d’allonger l’intervalle entre deux cultures sensibles avec l’utilisation d’espèces non hôtes. En complément, le choix d’intercultures adaptées, intégrant des variétés anti-nématodes, renforce l’efficacité du dispositif. La combinaison de ces pratiques sur plusieurs années, permet de diminuer durablement les populations dans le sol et de sécuriser le retour d’une culture sensible.
Exemple contre les nématodes à kystes de la betterave : Heterodera schachtii. Privilégiez une rotation de 4 ans minimum avec des cultures non-hôtes (orge, blé tendre, sorgho, maïs…), et l’utilisation de variétés anti-nématodes en interculture comme le radis fourrager Ayacara.
Une vigilance est toutefois nécessaire sur le positionnement de légumineuses qui peuvent être hôtes de certains nématodes.

3. Utiliser des variétés tolérantes ou résistantes

Pour les cultures à risque comme la betterave et la pomme de terre, le choix d’une variété tolérante constitue un moyen de sécuriser la production. Ces variétés limitent l’impact des nématodes sur le rendement, même lorsque le parasite est présent dans la parcelle. La plante continue de se développer correctement malgré l’attaque. 
Même si quelques variétés peuvent réduire partiellement la multiplication des nématodes, l’utilisation d’une variété tolérante ou résistante ne suffit pas, seule, à réduire durablement les populations. Elle doit s’intégrer dans une stratégie globale combinant rotation, intercultures adaptées et suivi des parcelles.

variété tolérante nématode à kystes

En betterave, des variétés tolérantes permettent de maintenir les rendements sur des parcelles infestées.

4. Favoriser la vie biologique du sol

Un sol biologiquement actif constitue un rempart naturel contre de nombreux parasites, et la richesse en matière organique en est une condition clé ! En effet, la matière organique stimule la vie biologique du sol, dont certains micro‑organismes contribuent à réguler naturellement les populations de nématodes.
L’équilibre biologique du sol sera maintenu grâce aux pratiques culturales : apports réguliers de matière organique, allongement et diversification de la rotation, réduction du travail du sol, etc. 
Encore une fois, ce levier ne permet pas à lui seul de résoudre la problématique des nématodes, mais il s’agit d’un maillon important d’une approche globale et durable du système de culture.

5. Surveiller et diagnostiquer précocement les parcelles

Les nématodes étant invisibles à l’œil nu, leur détection passe par l’observation régulière des parcelles et l’identification de zones hétérogènes ou encore de symptômes foliaires. En cas de doute, une analyse visuelle des racines pourra confirmer la présence de galles ou de kystes. Enfin, il est conseillé d’effectuer une analyse d’échantillons par un laboratoire afin d’identifier les genres ou espèces présents dans le sol et le niveau d’infestation. 
Plus le diagnostic est précoce, plus les actions mises en place seront efficaces. Cette identification est clé pour adapter les pratiques agronomiques, notamment le choix de l’interculture suivante ou l’adaptation des cultures en rotation.
 

infographie : 5 leviers pour lutter contre les nématodes

Pour en savoir plus :
Couverts végétaux anti-nématodes, la recherche avance !
Vandinter Semo, une génétique unique dans le domaine des cultures anti-nématodes